
Me voilà aujourd’hui pour un de ces articles que j’adore écrire : un compte rendu de concert. Malheureusement, l’occasion ne se présente pas aussi souvent que je le voudrais, les concerts auxquels on tient et auxquels on peut assister sont des denrées assez rares pour être à chaque fois sources d’anticipation et d’enthousiasme.
Alors je ne suis pas non plus la plus expérimentée en la matière, des concerts en vidéos j’en ai vu des centaines mais ceux que j’ai réellement vécu peuvent se compter sur les doigts d’une main (ce à quoi je compte bel et bien remédier croyez-moi). Mais j’en ai peut-être vu assez pour savoir que je n’en vivrais pas un comme celui-là de sitôt. Pour la simple et unique raison qu’il ne s’agit pas de n’importe quel artiste que j’écoute beaucoup, mais de Gerard Way.
Si vous suivez un tant soit peu mon blog vous savez peut-être déjà qui il est. Pour ceux qui ne le savent pas encore, c’est un artiste qui a marqué les années 2000 avec son groupe de rock un peu inclassable souvent rangé dans l’un des groupes responsables pour la montée du emo aux alentours de 2005 : My Chemical Romance. MCR n’est pas le sujet ici puisque le groupe s’est séparé il y a bientôt 2 ans, et je suis incapable d’ouvrir la bouche (ou le clavier en l’occurrence) à leur sujet sans m’étaler. Je ne peux que vous conseiller d’aller jeter un œil sur youtube ou spotify pour aller les écouter.
Outre son statut de rockstar qu’il a maintenant bien mérité, il est aussi relativement connu dans le milieu des comics pour en avoir écrit plusieurs puisqu’il s’agit de sa carrière de prédilection à la base. Il a par exemple récemment écrit un numéro de Spiderman, le troisième tome de sa série Umbrella Academy (que j’adore) est en cours d’écriture et son one-shot True Lives of the Fabulous Killjoys vient d’être traduit en français et tout juste sorti dans nos magasins pour ne citer que l’essentiel.
Son groupe star étant séparé et parallèlement à sa carrière de scénariste de comics, Gerard a sorti en septembre dernier son album solo baptisé « Hesitant Alien » qui était censé être un hommage à la Brit-pop (vaiante du rock britannique des années 90 représenté notamment par Oasis ou Pulp) et aussi dévoilé une autre facette de sa musique que le côté psychotique et légèrement bourrin qu’il pouvait avoir en tant que leader de MCR.
Je n’ai (bizarrement) pas fait de review de l’album sur le blog, peut-être parce que je savais que j’aurais le temps de le faire en faisant la review du concert. Mais ce qui ressortait globalement de l’avis sur cet album se partageait entre d’un côté des fans qui ne retrouvaient pas ce qu’ils avaient aimé dans sa musique (sachant qu’une partie de la fanbase avait déjà bâché le dernier album en tant que tel de MCR parce qu’il n’était pas assez sombre et trop différent de ce qui avait fait leur succès), car oui la Brit-pop n’est pas exactement ce que le prototype du fan de MCR est censé avoir son mp3. Puis une autre partie de son public a trouvé ça génial de faire un album rétro et de changer de style, il s’est même certainement trouvé un autre public peu sensible au charme de MCR. Et pour cause les magazines rock/alternatif populaires ont nommé son album l’un des plus marquants de 2014 (peut-être plus du fait que ce soit un album signé Gerard Way qu’autre chose mais il ne faut pas le dire).
Je pense surtout que l’album était certes moins élaboré et impactant que ce qu’on avait l’habitude d’entendre de lui mais Hesitant Alien a un charme dans son côté rétro, sa simplicité et sa légèreté.

Le fait est que quelque soit l’appréciation qu’on peut faire de son album solo, Gerard Way bénéficie (comme tous les ex-membres de mcr d’ailleurs) d’une fanbase dévouée qui a souvent grandit avec Black Parade dans les oreilles prête à supporter et aimer n’importe quel mouvement du chanteur. Et pour cause, l’adorabilité de Gerard toujours prêt à faire des discours de encourageant à une foule, son histoire d’ex-alcoolique mentalement assez peu stable, et l’amour qu’il porte à son art en font une personnalité touchante, attachante et populaire. C’est d’ailleurs un des artistes que j’admire le plus pour ça, c’est pourquoi il n’était pas question pour moi de manquer son détour à Paris.
Après cette (longue) intro – oui je sais je m’étale trop à chaque fois – rentrons enfin dans le vif du sujet. Lorsque j’apprends que LE Gerard Way passait à Paris, je me rends à la première heure sans me poser trop de question à la billetterie pour acheter ma place. Et pour ses beaux yeux, je décide pour la première fois de me déplacer à Paris spécialement pour l’occasion et d’assister seule au concert. Si vous vous êtes déjà demandé si oui ou non vous alliez vous rendre à un concert seul : foncez, de toute façon au final vous vous éclaterez tout aussi bien en ne connaissant personne et qui sait vous ferez peut-être de bonnes rencontres. Dans mon cas, je suis la seule à idolâtrer Gerard Way dans mon entourage et je ne voyais pas trop comment ramener quelqu’un avec moi si c’était pour lui infliger mon excitation surdimensionnée.
Au fil des mois, l’impatience se montrait de plus en plus persistante puis est arrivé le week-end en question. J’ai la chance d’avoir de la famille à Paris ce qui me dispense d’un hôtel et d’une expérience avec les taxis parisiens. Lorsque le Jour J est arrivé, je ne suis pas sure que je me rendais vraiment compte de la chose. Quelques heures avant le show, je commençais à trépigner et tourner en rond. J’ai décidé de ne pas arriver 3000 ans en avance parce qu’il faut bien l’avouer je ne suis pas prête à passer l’après-midi dans le froid juste pour une garantie d’être au premier rang. (Aussi je serais passée pour une groupie finie mais ça c’est autre chose) Le fait est que j’ai du coup raté une apparition de la star dans la file d’attente pour quelques autographes, à la place j’avais suivi son voyage à Paris au fil de ses tweets (souvent constitués de petits éléments sans trop d’importance dont mon favoris : l’épopée de ses paires de chaussettes tout au long de la tournée). J’arrive sur les lieux 1h avant le début du show, et là l’épreuve est de trouver la petite salle qu’est le Trabendo dans cet immense endroit qu’est la Cité de la Musique. Après avoir suivi des panneaux dans de longues ruelles sombres je trouve enfin la salle coincée entre le Zénith de Paris et le fameux Philharmonie (qui ne ressemble pas à grand-chose pour le moment d’ailleurs).

Pour une salle qui ne doit pas avoir une capacité de plus de 700 personnes, la file d’attente parait vraiment énorme se tortillant un peu dans tous les sens. Et voilà arrivé le moment le plus dur lorsqu’on passe un concert seul : attendre l’ouverture des portes … #foreveralone. J’en ai majoritairement profité pour faire une petite analyse de la population. Si on imagine les fans de Gerard souvent de jeunes filles entre 15 et 20 ans (dont je fais partie yo), j’ai trouvé que les visages représentaient une assez grande diversité. La gente masculine était bien représentée, la tranche d’âge s’étendait des ados jusqu’aux trentenaires voire même quarantenaires. Certains ont un look rock tirant sur le punk, d’autres sont habillés à la mode, d’autres encore dans un look quelconque (moi par exemple), et certains se sont même permis quelques folies avec des des bijoux fluos ou un look steampunk. On voit certains fans les cheveux teints en roux comme le look arboré par Gerard pendant la promotion d’Hesitant Alien. Dommage qu’entre temps il a pris soin de se reteindre les cheveux en blond (son instabilité capillaire est assez célèbre dans le milieu). Certains autour de moi craignent que les groupies ne l’emportent sur l’ambiance générale, d’autres écoutent des tubes pop-punk dans le fond… Et enfin la file avance nous allons enfin pouvoir découvrir les lieux.
La salle a l’air cosy, on découvre une petite terrasse, un bar, et une scène assez petite. Le stand de goodies attire en premier l’attention de beaucoup de spectateurs, le vendeur assez peu à l’aise en français se réjouit de voir des anglophones, certains s’émerveillent devant les mugs… Je décide alors de ramener un souvenir en achetant le t-shirt de la tournée (j’adore les design des t-shirts issus d’Hesitant Alien si vous saviez). Tout se passait bien jusqu’à ce que je me rende compte qu’en ayant déposé mes affaires au vestiaire je n’avais nul part où ranger mon t-shirt que je tiens alors maladroitement dans ma main avant de décider de le porter comme écharpe parce que pour lever les mains en l’air c’est quand même plus pratique.
La salle est assez bizarrement agencée, il y a une espèce de salle en hauteur qui permet d’avoir une belle vue sur la scène d’assez loin (généralement une place privilégiée pour les parents accompagnateurs), en bas il y a un petit espèce juste devant la scène plus bas que le reste de la salle où se sont placé les fans avides d’une ambiance de fosse, pour les plus modérés qui préféraient mieux voir d’un peu plus loin leurs choix s’est tourné vers l’ « estrade » qui représentait le reste de la salle. (si vous m’avez suivi jusque-là c’est déjà bien) Et voilà arrivé le moment fatidique et crucial du choix de la place. En général il y a deux stratégies : je veux passer le concert peinard et je me mets un peu plus loin pour bien voir et éviter les mouvements de foule, ou bien l’objectif être le plus près de la star que possible de façon à ce que je puisse lui toucher les pieds. Dans mon cas je n’allais pas être au premier rang vu l’heure à laquelle je suis arrivée dans la file, mais j’aime bien l’ambiance de la fosse alors je m’avance le plus prêt que je puisse pour avoir une assez bonne vision. Ce n’a pas été une tâche très difficile puisque la salle n’était pas vraiment remplie (Gerard n’est pas aussi connu en France que dans le monde anglophone, ce n’est donc pas une très grande surprise) et tout le monde à l’air décontracté personne ne pousse. Je finis par me caler à quelques mètres de la scène pile en face du pied de micro ce qui est de mon point de vue une place idéale.
Wake Up Call de Nothing but Thieves en première partie (ok vu de si prêt le mec ne ressemble pas tant que ça à Dane Dehaan)
L’heure de la première partie a sonné. J’aime bien les premières parties de concerts axés rock parce que par définition les groupes de rock son plutôt fait pour jouer en live et c’est rare d’être déçu par leur prestation. Les invités étaient le groupe britannique Nothing but Thieves, menés par un chanteur sosie de Dane Dehaan (ou peut-être suis-je la seule à avoir fait le rapprochement mais sérieusement). Dès les premières notes la salle semble satisfaite et on commence à headbanger et à taper en rythme ici et là. Le point négatif c’est que les premières pancartes se lèvent et qu’on se dit que notre belle place risque d’être gâchée à jamais. Parce que oui c’est mignon de faire rire le chanteur avec une pancarte « The guy behind me can’t see » (Le mec derrière moi ne peut rien voir) mais le fait est que quand on est le mec en question bah... c’est pas terrible.
J’ai beaucoup aimé l’énergie de groupe, j’ai beaucoup aimé ce qu’ils ont joué. Après avoir fait une petite recherche sur internet, il se trouve que c’est une formation assez récente et qu’ils n’ont donc pas un répertoire très étendu mais la salle a visiblement beaucoup aimé. Graveyard Whistling par exemple est une très belle chanson et des chansons plus péchues comme Wake up Call viennent réchauffer l’ambiance. Bien entendu le chanteur (que j’appelle communément Dane Dehaan bis donc), remercie Gerard Way de les avoir invités : « Comme beaucoup d’entre vous certainement, nous avons grandi en écoutant My Chemical Romance donc c’est un honneur d’être ici ». Pas sans donner de faux espoirs à la foule quant à une éventuelle reprise de MCR mais vu que la séparation du groupe reste un sujet sensible, ça paraitrait plutôt déplacé.
Après avoir bien échauffé la salle, le groupe remercie l’audience avant de quitter la scène.
Ainsi nous voilà dans l’un des moments les plus désagréables : l’attente entre la première partie et le spectacle. Le temps de changer les instruments, préparer la sono, que le groupe soit prêt tout ça tout ça… Une belle demi-heure de poireautage extrême et ce n’est pas une petite musique d’ambiance qui rend la chose plus passable. Je me remets donc à l’une de mes activités favorites : l’observation. De là où je suis, la moyenne d’âge est beaucoup plus proche des 20 ans étant un beau mélange d’ados et de jeunes adultes. Beaucoup portent des t-shirts Gerard Way ou d’anciennes tournées de My Chemical Romance (*soupire*). Certains ont même des tatouages référençant le groupe… Quel bel étalage de fans dévoués. La salle s’impatiente, je commence à regretter de n’avoir rien mangé avant j’ai un beau mal de crâne et mon dos commence à me faire mal (je me fais vieille les enfants). Je me dis que ça commence mal. Je commence aussi à me faire un dialogue interne appréhendant l’entrée en scène de Gerard car je n’ai absolument aucune idée de comment j’allais réagir et je me disais que si je commençais à pleurer ça n’allait pas être terrible... Mais la réponse à mes questions allait de toute façon être imminente…
Entrée de Gerard: The Bureau + Action Cat
The Hormones, les musiciens accompagnant Gerard, se mettent en place ce qui a le moyen d’exciter encore plus la salle : « Gerard arrive, Gerard arrive oh mon dieu ». Une pensée pour ces musiciens qui passent totalement au second voire troisième plan dans le concert, la plupart des fans ne les reconnaîtraient pas et beaucoup n’en ont carrément rien à faire. Ils commencent à jouer l’intro de The Bureau, première chanson de l’album faisant monter la sauce. Et enfin le moment tant attendu : Gerard arrive tranquillement sur scène dans son costume bleu emblématique qu’il porte sur la pochette de son album, ses cheveux fraichement teints tout ébouriffés. Il s’approche du micro et souffle « Paris, hands up and down, down » (honnêtement vous avez besoin d’une traduction ?) en rythme. C’est le moment où on se dit « Oh mon dieu il existe vraiment, ce mec est vrai il est là devant moi. Ce n’est pas un homme synthétique créé par un complot cybernétique visant à enrôler des adolescents dans une secte : il existe ! » (arrêtez me dîtes pas que je suis la seule à me poser ce genre de question).
Il commence alors à chanter (oui on est un peu là pour ça à la base), et ma première surprise c’est que dans la salle sa voix sonne encore plus aigüe que l’idée que je me faisais. Le public crie, mais pas comme une foule de groupies défiant les décibels, non la foule est juste enthousiaste et saute en balançant les bras. Gerard s’accommode la scène en faisant quelques aller-retours de gauche à droite en ordonnant à l’audience de lever les mains ou de les taper pendant qu’il enchaîne sur Action cat (premier morceau sorti de l’album). Il a l’air satisfait de son public, il finit la chanson par ce fameux passage « Do you miss me ? Cause I miss you too » (Est-ce que je vous ai manqué parce que vous oui) en criant « I miss you too » en désignant la foule et en envoyant des baisers. N’est-il donc pas adorable ?
Il lâche enfin quelques mots en français « Merci Paris ! » et commence Zero Zero et se montre un peu plus théâtral. Pour des gens ayant vu beaucoup de ses concerts et connaissant par cœur ses mimiques, on peut dire qu’il n’a toujours cet air un peu psychotique qu’il avait en tant que leader de MCR, surtout que le maquillage qui porte se rapproche beaucoup de celui de leur période de promotion de Revenge (ce à quoi je ne dis pas non, au contraire). J’aime beaucoup l’énergie de cette chanson, elle donne un beau mouvement à la foule.
Une fois la chanson finie, il prend un temps pour parler à la foule, « Vous êtes un public de plus avec tellement de bonnes vibrations merci beaucoup » dit-il avant de ramasser quelques dessins dans la foule. Il commence à parler de comment il est venu à faire cet album « Sans vous je sais pas ce que je ferais, je serais peut-être dans les bois, j’aurais changé mon nom ou je sais pas quoi […] Au final j’ai décidé que la musique c’était ce que j’aimais vraiment faire […] et l’une des premières chansons que j’ai écouté la voici, elle s’appelle Millions ». Il s’agit d’une des rares chansons de l’album à avoir bénéficié d’un clip (que je soupçonne avoir été monté sous LSD mais passons), et donc bien connue. Il commence alors à taper un tambourin en observant la foule, l’air satisfait de ce qu’il voyait, souriant en croisant certains regards. J’adore cette chanson elle est juste adorable et sympathique. Et avoir gueuler le morceau « It was really me, it was really you ! » avec Gerard qui regarde dans ma direction c’était parfait parce que c’est toujours le morceau qui me fait rire dans le clip et que je chante à chaque fois que j’écoute la chanson.
Gerard est tout sourire et termine la chanson en criant aux techniciens « Laissez-moi voir tous visages heureux, mettez de la lumière sur tous ces magnifiques visages ».
Il a l’air d’adorer ce qu’il a devant lui. Il finit par avouer « Vous me faites me sentir bien dans mon corps » ce qui débouche assez vite sur un encouragement sur comment accepter son corps. L’adorabilité innée, je vous dis. Il continue dans sa lancée « Et il y a une cause qui me tient vraiment à cœur, c’est celle des transgenres et des non-binaires […] Si vous connaissez ce problème je veux que vous sachiez que je vous soutiens et si vous avez un ami qui vit ça soutenez-le » dit-il avec une certaine difficulté en se frottant les yeux visiblement moyennement à l'aise. Si on croirait entendre un lobby pour la liberté du genre tout droit sorti de Tumblr, j’apprécie beaucoup le fait qu’il parle de ce problème. Il a toujours profité de ses concerts pour faire passer des messages, et je suis assez contente qu’il l’ait fait à ce point pendant notre concert français. Encourager par les acclamations du public il poursuit alors.
Juarez, pour le côté foufou
Le moment de gloire est arrivé avec la chanson de l’album que j’écoute en boucle : Juarez, aussi l’une des plus populaires parmis les fans certainement pour son côté plutôt excentrique. Et surtout qu’en live c’est l’occasion de se déchirer un peu plus. Gerard commence d’ailleurs par crier et s’ébouriffer encore plus la tignasse. J’entends à côté de moi se dire d’un ton affectueux « Regarde-le, on dirait un fou ». Pour la première fois depuis le début du concert, tout le monde chante en cœur « I can’t swim just rub it in, I gotta un a little faster ». Le signe des cornes du diable, typique des concerts de rock s’élève d’un peu partout dans la salle. Quand le refrain éclate, autour de moi c’est la folie totale tout le monde saute et crie. Si Gerard n’était pas sur scène, il aurait eu sa place dans la fosse puisqu’il saute et crie lui-même en balançant la tête ébouriffant encore plus ses cheveux. C’est certainement le moment où je me suis le plus dépensé de tout le concert. Je me rappelle de cette mini-déception quand la chanson s’est arrêtée et que ce n’était plus le moment de bouger dans tous les sens… aaah Juarez si seulement tu savais comment je t’aime.
Lorsque la chanson se finit la foule commence à crier en cœur avec un accent franchouillard parfait « Gérard ! Gérard ! Gérard ! », parce qu’après tout ce nom est tellement français que n’importe quel frenchie ne penserait même pas une seconde à essayer de le prononcer à l’anglaise (ou à l’américaine). Gerard lance un regard confus à la foule avant de demander « Are you guys sayin my name ? » (Vous êtes en train de dire mon nom ? ) « Like ‘’Gerard Gerard Gerard ‘’ ? » (à lire avec l’accent américain bien entendu). Lorsque l’audience acquiesce il sourit « Oh that’s so sweet! […] I heard something else like ‘’Get off, get off’’ » (Oh c’est trop mignon ! J’ai entendu autre chose du genre “Dégage, degage”).
Il commence alors à s’émerveiller devant la salle « J’ai un bon sentiment avec cette salle, j’aime bien les couleurs sur les murs », puis continue en parlant de cette envie de s’échapper du New Jersey (là où il a grandi ndlr) quand il était jeune, comment il s’est rendu compte que le meilleur moyen était de former un groupe avec son frère (la mention de Mikey soulève quelques cris). A la limite du débat philosophique il explique qu’il ne faut pas faire que suivre son rêve, « Make your dream follow you » (Faites que votre rêve vous suive). Il finit bercé par les notes de piano en fond «No matter how far you go, you never forget how it smells, this song is called Drugstore Perfume » (Peu importe où vous allez, vous n’oubliez jamais l’odeur [de là où vous venez], cette chanson s’appelle Drugstore Perfume). Ca sonne un peu poète perdu tout ça mais l’âme d’artiste de Gégé ne connait point de limite et il fallait s’y attendre.
Après ce discours inspiré, donc, Drugstore Perfume, la ballade de l’album, commence. Gerard ressort son tambourin et entame le chant tranquillement. C’est le moment où je me suis rendue compte qu’en fait je n’avais pas pensé une seule seconde à prendre des photos depuis que Gerard était rentré sur scène. D’habitude c’est une sorte d’automatisme motivé par le partage des photos preuves de notre présence sur les réseaux sociaux mais j’avais totalement oublié cet aspect jusqu’à ce moment là. Je décide de filmer pendant un moment avant d’en venir à la conclusion que j’appréciais trop le moment présent pour me soucier des reliques qui me resteront après et que de toute façon quelqu’un ferait une meilleure fancam que moi.
Il annonce qu’il va chanter Television all the time, une chanson non parue sur l’album qu’il a quand même partagée sur internet, quelqu’un dans la salle s’écrit alors « THAAANK YOOUU ». On dirait que quelqu’un avait une affection particulière pour la chanson, que j’avoue avoir oubliée assez vite. La chanson est rapidement suivie par une chanson appelée apparemment « Piano », qui est une ballade … au piano quelle surprise (badam tss) que j’ai trouvé très belle d’ailleurs. Il annonce alors la prochaine chanson « Paris, I want you to sing this with me, it’s called Brother » (paris, je veux que vous chantiez cette chanson avec moi, elle s’appelle Brother), une de celles que j’attendais beaucoup aussi. Je trouve que c’est la plus touchante de l’album, elle a une ambiance nostalgique que je trouve magique. Et c’est je pense la chanson de la soirée de Gerard a chanté avec le plus de cœur et elle s’est avérée encore plus touchante en live. J’étais partagée entre sentir l’émotion de la chanson et crier en chœur « To the drops of the city rain ».
Brother, pour les sentimentaux
Il prend ensuite un moment pour lire les pancartes avant de s’arrêter sur une et de regarder son auteur « Tu veux vraiment le faire ? T’as un bon rythme ? Oui, je vois dans tes yeux que tu as un bon sens du rythme viens me rejoindre » il invite alors une fan surexcitée (qui ne le serait pas ?) à jouer du tambourin sur scène. Il poursuit comme si de rien était avec Get The Gang Together avec une fan agitant de tambourin en sautant partout à côté. Ce que je trouve cool avec cette chanson en live, c’est qu’elle est écrite à propos des plaintes par rapport à la séparation du groupe. Le refrain est censé être chanté de la voix des fans « Keep it together somehow » (Trouvez un moyen de rester ensemble). Et le fait est qu’en live bah tout le monde chante les paroles, donc au final les fans finissent par chanter la partie censée être dites de leurs voix. J’y pensais tout en criant « KEEP IT TOGETHER RIGHT NOW », parce qu’au final on ne va pas faire comme si ce n’était pas ce qu’on pensait tous. Il remercie ensuite la fan « Profite bien du reste du concert » lui dit-il avec un sourire.
Il se lance alors dans un autre discours inspiré « J’aime bien faire monter des jeunes femmes sur scène […] parce que vous devez subir beaucoup de conneries ». Je veux dire voilà pourquoi Gerard est si attachant : beaucoup d’autre artiste homme aurait dit « J’aime bien faire monter des jeunes femmes sur scène » d’un air un peu pervers. Mais Gerard lui préfère entamer sur une note de féminisme. Je crois qu’au point où on en est Gerard a gagné la sympathie de la salle entière, même des accompagnateurs et des parents, voire même du staff qui travaille au bar. A vrai dire à ce moment-là je ne suis plus sure si les fans sont les gens les plus heureux de la salle ou si Gerard ne serait pas plus enthousiaste qu’eux
Il se sent encore inspiré et explique le contexte de la prochaine chanson. « J’ai fêté mes 25 ans, et je ne savais pas ce que je voulais du reste de ma vie. […] Peut-être aussi parce que je ne pensais pas dépasser cet âge ». C’est à ce moment qu’il a décidé de se lancer dans un discours du genre « Peu importe ce que vous voulez faire, il faut le faire avec le cœur ». Parce qu’au point où on en est, il peut dire un peu tout et n’importe quoi il est encouragé par la foule qui ne demande rien de plus qu’il lui parle. "I know I've been a chatty motherfucker" (Je sais que j'ai été putain de bavard ce soir) dit-il d'ailleurs, mais la foule s'empresse de crier "Mais on aime ça !".
Encouragé encore une fois, il poursuit sur How It’s Going To Be. J’aime beaucoup cette chanson mais je ne l’écoute pas assez. Vous savez en concert il y a tellement de bruit qu’on ne s’entend pas chanter, et je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose vous voyez. Parce que ça veut dire aussi qu’on ne s’entend pas se tromper, et malheureusement je ne connaissais pas cette chanson par cœur et je crois avoir chanté en yaourt tout le temps. Je me suis rendue compte en plein milieu de la chanson ou j’ai senti le regard de Gerard dans ma direction et que je me suis dit « L’une des seules images que ce mec aura jamais de moi : moi qui chante comme une conne sans connaître les paroles ». L'idée m'a fait sourire sur le coup.
Gerard montre quelqu’un dans la foule et lui fait signe de sourire. (à ce moment-là on a juste envie de lui dire arrête d’être autant adorable j’en ai marre) Ca excuse le fait qu’il ait eu un peu de mal à atteindre les aigus vers la fin de la chanson. Il enchaîne bien entendu sur un nouveau discours pour annoncer la prochaine chanson. Au point où on en est, il ne reste plus beaucoup de chansons de l’album qu’il n’a pas chanté donc le suspense est assez réduit. Cette fois-ci il est question de maladie mentale, sujet qui lui tient à cœur puisqu’apparemment c’est du vécu. « On n’emmène pas un gamin comme moi chez le psy […] Je suis sure que certains d’entre vous ont vécu ça aussi. Parce que nous tous on n’est pas fous […] il faut trouver quelqu’un à qui parler, parce que parler ça fait du bien » Le public a l’air absorbé encore une fois par ses paroles et applaudit et crie en ponctuant ses phrases. Par expérience je sais de quelle chanson il parle : Maya The Psychic, chanson qui clôture Hesitant Alien, qui est également une des chansons que j’adore le plus dans l’album. Et je ne suis pas la seule si j’en crois les acclamations de la foule. C’est donc une chanson qui a pu bénéficier de l’énergie de la foule, la fosse où j’étais n’a presque pas arrêté de sauter de toute la chanson.
No shows
Gerard commence à chanter de façon un peu improvisée « I think you are beautiful, look at her she is beautiful » (je vous trouve magnifique, regardez la: elle est magnifique), avant de demander à la foule de chanter en cœur les « ooh oooh ooh » typique de No Shows, seule chanson de l’album restante et le single principal de l’album. Et je dois dire qu’elle rend super bien en live. De plus, on peut voir que Gerard s’éclate totalement se dandinant comme un père un peu gênant. Il change même les paroles vers la fin pour nous répéter encore et encore que nous sommes magnifiques (j’espère bien qu’on l’est !).
Il ne reste plus aucune chanson de l’album, que va-t-il donc bien nous chanter maintenant? Il nous fait alors une reprise d’une chanson de The Jesus and Mary Chain qui s’appelle apparemment Snake Driver. Bien que la plupart des gens ne connaisse pas la chanson (moi y compris), tout le monde reste dans l’ambiance et continue à balancer ses bras. Gerard et The Hormones repartent laissant les lumières en pleine effervescence : leurre classique du « Encore » dont le principe est que l’artiste se fasse réclamer un peu avant de revenir le temps de quelques chansons.
Je regarde un peu les gens autour de moi. Je pense que j’étais à côté d’un mec qui était lui aussi venu seul. Il était aussi à fond dans le concert que moi, je l’avais vu sauter et lever les mains plus haut que moi. La foule se met à réclamer Gerard comme le veut la tradition et crie encore plus fort quand celui-ci revient. Le mec à côté de moi commence à crier «Gerard on t’aime ! », j’ai la preuve vivante que je ne suis pas la plus grosse groupie dans la salle. Ceci dit je peux totalement approuver ses dires. Gerard annonce « On vous aime tellement qu'on va vous jouer 2 autres chansons. […] La première, personne ne l’a encore entendue puisqu’elle vient d’être terminée : elle s’appelle Kid Nothing ». Nous sommes alors tous enthousiastes à l’idée d’entendre une chanson toute neuve. La chanson semble dans la continuité de Zero Zero aussi bien musicalement que pour le message donné. Dans tous les cas la chanson met l’ambiance et je me suis encore une fois bien éclatée en fosse. La salle a l’air comblée d’entendre cette nouvelle composition.
Enfin l’heure de la dernière chanson a sonné, il entame Don’t Try sans mentionner son nom. Il s’agit d’une chanson qui a été coupée de l’album mais que Gerard aime tout de même chanter pendant les encore. Il la commence en headbangant histoire d’être vraiment sûr que sa tignasse ne ressemble plus à rien. J’adore l’énergie de la chanson, ça me donne réellement envie d’entendre une version studio que nous n’aurons peut-être jamais. Sur le coup, je n’avais pas trop la tête à apprécier la chanson parce qu’elle sonnait la fin du concert, que personne ne voulait voir se terminer.
« Thank you Paris, you’ve all been fucking lovely, I’ll remember this, I’ll be fucking back » (Merci Paris, vous avez tous été adorables, je me rappelerai de cette soirée, je reviendrais putain). Je m’époumone alors en criant « Thank yooouu », seul moment du concert où j’ai entendu ma voix … elle déraillait et pas qu’un peu.
Chanson inédite Don't try, signe la fin du concert
Les lumières s’éteignent, un dernier applaudissement, un dernier cri… et voilà. On reste pendant quelques secondes abasourdis sans vouloir bouger avant de progessivement tous partir. Je me pose un peu sur la terrasse, je tweete vite fait Gerard pour savoir s’il allait sortir faire des autographes. En attendant, je trouve son bus où tout le monde attend. Après une dizaine de minutes d’attente je vois que Gerard tweete sur le concert (pendant qu’on t’attend dans le froid … haha). Puis le verdict est tombé au bout d’une bonne demi-heure d’attente Gerard finit par tweeter : « A cause d’un emploi du temps chargé je ne pourrais pas sortir faire des autographes ce soir ». Je repars presque sans sentir de déception.
Je crois que je n’ai réalisé qu’en écrivant cet article : J’ai. Vu. Gerard Way. En. CONCERT. Putain. Et il était tellement adorable, plus adorable que j’aurais pu m’imaginer ou l'espérer. Il a adoré son concert et ça se voyait. Il suffit de voir ce qu’il a tweeté à la suite du concert. « Je dois dire que l’énergie dans le show à Paris ce soir était tout simplement magique. J’ai l’impression d’avoir pu dire beaucoup de choses qui étaient importantes à mes yeux (des chansons aussi). Est-ce que vous vous rendez compte que ça me rend vraiment heureux de voir vos visages quand ils vous éclairent tous ? C’est un cadeau, je ne veux jamais arrêter » Ce qui est génial c’est que le sentiment est totalement réciproque. C’est la première fois que je sens un artiste aussi heureux de voir son public. Je crois qu’on ne nous a jamais autant dit qu’on était « beautiful » en aussi peu de temps.
C’était un concert intimiste, Gerard a pour coup sûr ou presque pu voir chacun des visages de ses fans. C’est quelqu’un qui je pense a un peu plus la culture de ce genre de concert, il a l’air à l’aise dans cette ambiance. La salle n’était pas remplie mais il n’en a pas grand-chose à faire. Il nous parlait aussi des différences entre ses représentations «Tous les shows sont différents […] de temps en temps tout le monde est juste *secoue la tête en faisant tourner ses yeux dans ses orbites*… Mais ce soir, j’ai juste le sentiment que tout le monde s’éclate et est content d’être ici »... Ce n’est pas faux, en fait c’est vraiment comme ça que je le ressentais. J’ai juste donné à Gerard sans me préoccuper des gens autour de moi. Et ça ne fait que confirmer que ce gars est (encore une fois) a-d-o-r-a-b-l-e. Il est véritablement sincère avec ses fans sur scène, il dit ce qu’il veut dire. C’est le genre de star qui demande aux techniciens d’éclairer la foule pour observer chacun des visages qui lui faisait face. Il a pris le temps de nous regarder, de signer des autographes sur scène, de remercier tous ceux qui lui envoyaient des cadeaux pendant le show. Je vous jure j’ai vraiment eu l’impression qu’on l’avait presque rendu aussi heureux qu’on l’était.
Si la musique en elle-même n’est peut-être pas le premier choix de chacun, on s’en foutait au final parce qu’au final Gerard Way reste ce qu’il est : ça se voit qu’il adore ce qu’il fait, il prend le temps de parler de ce dont il veut parler, il s’assure que les gens passent un bon moment… Honnêtement, qui ne le voudrait pas comme idole ?
