Spiderman est de toute évidence l’un des héros les plus proches et les plus aimés de ma génération : nous avons grandis avec les adaptations avec Tobey Maguire sortis dans les années 2000, et voilà qu’à peine 5 ans après le dernier film de la trilogie Columbia Pictures décide de raviver le mythe de l’homme araignée dans une version plus moderne et fidèle aux comics. Omniprésent dans le paysage cinématographique depuis les années 2000 donc, Spiderman est aussi un super héros plus jeune et plus proches de la réalité que d’autres Iron Man ou Superman. En effet, Peter Parker n’est qu’un simple adolescent lorsqu’il se fait piquer par une araignée mutante qui va lui conférer des facultés exceptionnelles qu’il décidera de mettre au service de la justice dans la ville de New York. Sa vie de superhéro mise à part Spiderman vit les mêmes problèmes que la plupart des jeunes : tourmente amoureuse, problème d’argent ect, ce qui le fera rentrer dans la catégorie de héros pour jeune public et qui décrédibilisera ses adaptations cinématographiques auprès des critiques. C’est ce qu’a subit le dernier Spiderman en date : The Amazing Spiderman 2 : Le Destin d’un héro deuxième volet de cette quadrilogie prévue par Columbia Pictures sorti en salle début mai.

La question qu’on se pose tous est : pourquoi dont refaire une saga Spiderman 5 ans seulement après le dernier volet de la précédente ? Si les films de Sam Raimi avait été quelque peu critiqués sur le fait qu’il ne respectait pas toujours les éléments importants de la BD le tout couronné par un troisième volet presque unanimement renié par les fans. Cependant le succès qu’a emporté la saga auprès du grand public aurait pu rebuter les nouveaux producteurs, et même aurait dû puisque la concurrence avec ces anciens films est souvent le premier angle d’attaque des critiques. Mais The Amazing Spiderman n’est pas en reste, et la première chose qu’il a à offrir (outre des effets spéciaux plus d’actualité) c’est son casting. Si le trio Tobey Maguire/Kristen Dunst/James Franco était assez emblématique, The Amazing Spiderman propose Andrew Garfield (The Social Network) dans le rôle principal accompagné d’Emma Stone (Bienvenue à Zombiland, Easy A, La Couleur des sentiments, Crazy Stupid Love, Gangster Squad…) qui fait partie des actrices encore une fois très appréciées de ma génération grâce à son humour pas très loin derrière Jennifer Lawrence. De plus la saga choisi de faire plus de référence aux BDs d’origine mélangeant l’univers original avec l’histoire alternative des Ultimate (note pour ceux qui n’y connaisse rien en Marvel : les Ultimates sont des séries de comics créées pour ramener des lecteurs en repartant de l’histoire de base de chaque héro et souvent en la modifiant légèrement). Ainsi Peter Parker ne tombe pas immédiatement amoureux de sa voisine Mary-Jane (Kristen Dunst dans les films de Raimi) mais d’une jeune fille de son lycée : Gwen Stacy [SPOILERS] qui finira par être tuée ce qui marquera profondément Peter.[SPOILERS] Enfin la réalisation est confiée à Marc Webb qui signe ici son premier blockbuster. Un réalisateur étrangement aussi très inscrit dans notre génération dans années 90 puisqu’il a signé de nombreux vidéo clip d’artistes de notre ère comme les Pussycat Dolls, Avril Lavigne ou Miley Cyrus, et surtout de nombreux groupe de rock encore très populaires dans notre génération comme Green Day, les clips à l’origine du succès commercial de My Chemical Romance (bless you), le célèbre Gives You Hell de All American Rejects ou encore Maroon5. De plus il a réalisé la comédie romantique (500) Jours Ensemble avec Joseph Gordon-Levitt et Zoey Deschanel qui se trouve souvent cité comme une des comédies favorites de beaucoup de personnes de mon âge. Je vous le dis : cette saga est un complot qui vise directement la génération des enfants des 90’s. Simple stratégie marketing pure et simple ou véritable intérêt de nous offrir une version plus proche de l’histoire des comics ? On n’en saura jamais trop rien.
En tant que bonne fan de Marvel, je vais vous proposer de parler du volet sorti en salle ce début mai donc. Après les évènements du premier volet, Spiderman est désormais le grand héro de New York (aaah si seulement les compagnies qui détenaient les droits des héros Marvel se mettaient d’accord pour accorder les évènements qui se déroulent au sein de leur univers commun nous aurons peut-être pu voir des références à la grande bataille qui a eu lieu dans Avengers où le fait que Tony Stark aka Iron Man rode aussi dans les parages… Mais Columbia Pictures n’a pas l’air très ami avec Disney…). Peter arrive à concilier sa vie d’étudiant avec sa vie héroïque notamment en se photographiant en costume et revendant les clichés. Il file également le parfait amour avec Gwen Stacy mais depuis qu’il a juré à son père décédé qu’il ne l’entrainerait pas dans sa double vie dangeureuse, Peter culpabilise de rester proche d’elle. Ils décident alors de se séparer pendant un temps au moins. Ce qui donne le temps à Peter pour se concentrer sur d’autre priorité comme la raison pour laquelle ses parents l’ont abandonné ; ou le retour à New York de son ami d’enfance Harry Osborn (où Dane DeHaan vu dans The Place Beyond the Pines succède à James Franco) pour reprendre la société de recherche scientifique de son père fraichement décédé : Oscorp (société où Peter s’est fait piqué et également le lieu de travail de Gwen, qui a d’ailleurs déjà produit le grand méchant du premier Amazing Spiderman). Un accident survient alors à Oscorp : un électricien (joué par Jamie Foxx) se retrouve seul à réparer une défaillance dans le système et se fait gravement électrocuté ce qui mène à une mutation étrange qui lui donne la capacité de contrôler l’électricité (oui oui tout est toujours causé par des accidents en laboratoire : Hulk, le Bouffon Vert, et déjà le méchant du premier Amazing Spiderman… redondant ?). Celui-ci découvre maladroitement son pouvoir avant de décider d’attaquer pour Spiderman à qui il vouait un culte jusque-là.

Tout d’abord, le film a la particularité de chevaucher plusieurs histoires directrices ce qui rend compliqué d’expliquer brièvement tous les enjeux du film. La ligne principale est clairement la relation entre Peter et Gwen qui vacille entre leur complicité et les désagréments que peuvent amener la double vie de Peter. Mais les scénaristes ont décidé d’y ajouter pas moins de 3 autres grandes lignes directrices satellites. Si on peut penser qu’Electro est le grand méchant à écraser, il est très vite instrumentalisé par Harry Osborn qui décidé de s’attaquer à Spiderman sans savoir que c’est son meilleur ami qui se cache derrière le masque. Autour de Harry on approfondit alors le rôle de Oscorp dans l’histoire : comment la société fabrique des armes de destructions massives, comment elle a étouffé l’accident survenu avec Electro, comment elle a fait des recherches pour sauver Norman Osborn, le père de Harry, de sa maladie génétique, comment l’araignée à l’origine du pouvoir de Peter est en vérité l’une d’entre elle. De plus ils ont décidé de montrer la raison pour laquelle les parents de Peter l’ont abandonné… étrangement une raison à nouveau liée à Oscorp. Au final à la sortie du film on finit par s’embrouiller sur l’unité du film qui à la fois tient debout mais qui vacille et risque de perdre le spectateur. On se trouve à remercier que Mary-Jane ne soit pas introduite dès ce film-ci bien que des scènes avec l’actrice montante Shailene Woodley (à l’affiche de Divergente et prochainement Nos Etoiles Contraires issus de romans pour jeune adulte très populaires encore une fois dans ma génération…). La visée est avant tout de tendre pas mal de perches pour le prochain film et préparer le terrain mais on peut se demander s’ils ne voulaient pas introduire de façon différente Harry Osborn et le Bouffon Vert pour éviter de reproduire la même histoire que le premier volet de la saga de Raimi.
Si cet amas d’histoires peut mener à la confusion, je trouve que c’est un choix admirable qui permet de casser le format classique des films du genre (grand-méchant + problème existentiel + relation amoureuse) et donne un rôle très important à la continuité dans la saga. Ainsi on ne trouve pas un film pour un grand méchant et la situation du héros qui change doucement film par film, on a une succession de film où le héros se retrouve à constamment réparer les débordements d’une société à laquelle il est intimement lié puisque c’est à elle qu’il doit ses super pouvoirs et son ami d’enfance mais c’est aussi à cause d’elle que ses parents l’ont abandonné chez son oncle. Si la saga suit sur cette lancée, The Amazing Spiderman pourrait donc être le récit du combat de Peter Parker avec Oscorp. Il faut donc remettre le film dans sa lignée et le prendre seulement comme un morceau supplémentaire de l’histoire plus qu’un film classique avec une nana et un méchant en son cœur. Je trouve cette perspective d’autant plus géniale qu’elle rappelle le déroulement d’un comic où tout est lié mais c’est certainement plus un emprunt au déroulement des séries télévisées qui, maintenant très ancrées dans l’espace du septième art, influencent de plus en plus les films après avoir été influencés par eux.
Ainsi nous retrouvons le schéma d’un méchant par épisode mais accompagné d’une storyline plus grande et ambitieuse qui suit tout le long de la saison (ici de la saga).

Là où ça pose problème, c’est que dans la tête des gens les films de superhéros sont encore trop considérés comme des blockbusters individuels. Encore plus en France où on n’a pas une tradition de comics ce qui fait qu’on est beaucoup moins familiarisés avec l’univers et les personnages qu’un public américain. La preuve : peu de gens encore ignore que tous les héros Marvel appartiennent au même univers (ainsi tous les évènements des X-men, Avengers, Spiderman, Quatre Fantastiques se déroulent dans le même monde), et même peu de gens sont capables de différenciés les héros Marvel des héros DC (Superman, Batman, Flash, Green Lantern...). À une époque pour Marvel s’amuse à casser les codes traditionnels des films du genre pour gagner en continuité comme le prouve la fresque Avenger (les films Iron Man, Captain America et Thor préparant la prochaine réunion des Avengers tout en gravitant autour) ou encore la grande réunion des anciens et des nouveaux X-men dans X-men : Days of Future Past en salle le 21 mai prochain, les films de super-héros ont alors gagné une toute autre dimension que seul les fans de Marvel semblent capter. Difficile alors de comprendre la cohérence du scénario en ignorant ce qu’il s’est passé dans le film précédent et de là où la saga veut aller. Vous me suivez ? Il sera désormais peut-être nécessaire de se remémorer les évènements antérieurs au film que l’on veut voir pour pouvoir comprendre son intérêt et l’apprécier à sa juste valeur. Ce résonnement est d’ailleurs valable aussi bien pour The Amazing Spiderman que pour le dernier Captain America (à quoi sert le film si on ne comprend pas qui est Bucky, ce qu’est le SHIELD ou d’où vient HYDRA ?) mais surtout pour Avengers qui devient encore plus génial qu’il ne l’est à la base si on a vu au moins les premiers Captain America et Thor et les films Iron Man. Les sagas de super-héros visent à créer de gigantesques séries dont la cohérence approcherait des sagas fantastiques comme Le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter (essayez de regarder un film au milieu sans regarder le reste : ça n’a aucun sens). Les films de super héros veulent dépasser le simple fait d’être des blockbusters spectaculaires et veulent mettre l’histoire au cœur de leur mécanisme : voilà ce que vous devriez retenir.
Mais revenons au film. L’autre énormité qui frappe tout spectateur est : ils l’ont fait, ils ont OSE tuer Gwen Stacy comme dans les BDs. C’est une véritable preuve de courage de la part des scénaristes car Gwen était très populaire d’autant plus que son actrice Emma Stone (outre son capital sympathie) était aussi avec Andrew Garfield (interprète de Peter Parker si vous suivez) dans la vrai vie ce qui créait forcément une alchimie plus forte. Emma Stone était géniale dans le rôle : adorable et jolie mais elle dégageait aussi plus de personnalité et humour. Gwen ne joue pas alors la demoiselle en détresse présente dans l’unique but de tenir compagnie au héros en guise de décor. Le physique de l’actrice n’est pas particulièrement mis en avant, Gwen avait une psychologie entière bien forgée, elle était même clairement considérée comme plus intelligente que Peter notamment dans le domaine des sciences. Une véritable figure féminine qui dépasse de loin la pâle Mary-Jane des films de Raimi. Et cet aspect entier rend sa mort subite bien plus difficile à avaler pour le spectateur même si celui-ci n’est pas très sensible des histoires d’amours. Ainsi on n’est pas forcément triste pour Peter qui va devoir affronter le deuil et la culpabilité qui va avec, on est surtout triste de voir partir notre adorable Gwen Stacy d’autant plus que la scène de sa mort est très réussie. Emma Stone nous manquera et je pense que dans l’ensemble elle manquera au film et à sa dynamique. Le véritable défi sera maintenant de lui succéder. Comme je l’ai dit plus haut l’actrice pour Mary-Jane a déjà été choisie et aurait même du apparaître dans le film. Or Shailene Woodley, bien que star montante qui commence à avoir une carrière à la Jennifer Lawrence, n’a pas le même capital sympathie qu’Emma Stone et n’aura certainement pas la même alchimie avec Andrew Garfield. Le gros challenge va donc d’être de rendre crédible Mary-Jane aux yeux du public qui va devoir à nouveau s’attacher à un personnage féminin. Au final on se demande si l’effet dramatique de la mort subite de Gwen valait vraiment le coût de cette prise de risque. Quoique… des solutions existent dans les comics pour minimiser la casse…

Autre surprise c’est l’apparition précoce et précipitée du Bouffon Vert. Contrairement aux films de Raimi, c’est Harry qui est dans le costume et non son père. Or il surgit un peu de nulle part 30 minutes avant la fin histoire juste de dire que c’était bien le Bouffon Vert qui tuait Gwen. Le fait qu’Harry se retrouve tellement vite dans le rôle du méchant crée un certain manque : la relation Peter/Harry n’est que très peu exploitée et mal expliquée. On ne sait que vaguement qu’ils étaient amis d’enfance et après quelques scènes d’amitié Harry est déjà devenu un fou dangereux. Là aussi on peut se demander si la proximité avec la saga des années 2000 n’a pas joué puisque l’amitié avait été exploitée en long et en large. Harry s’annonce donc comme le grand méchant au moins du prochain volet qui va certainement replonger dans les histoires tournant autour du matériel d’Oscorp et on retrouve le risque de retrouver trop fortement les éléments des films de Raimi. On voit d’ailleurs l’équipement du Dr Otto Octavius (méchant de Spider Man 2) en décor dans un labo d’Oscorp. Alors : simple clin d’œil ou une annonce des prochaines menaces qui ferait redondance avec la saga précédente ? Réponse en 2016 avec le prochain film.
Mais tout cela conjugué au choc de la fin, on oublierait presque la pépite du scénario : l’explication (enfin) du départ des parents de Peter. C’est bien connu : Peter Parker est abandonné par ses parents vers l’âge de 6 ans chez son oncle et sa tante qui l’ont donc élevé. La saga de Raimi n’y avait alors jamais apporté de véritable explication. The Amazing Spiderman fait ici le choix d’opter pour la version des comiques Ultimate où le père de Peter était en fait généticien… pour Oscorp ! Cette version de l’histoire donne alors une explication tout à fait crédible à l’origine même de Spiderman. Généticien chez Oscorp, le Dr Parker travaillait sur un programme qui pourrait donc sauver Norman Osborn de sa maladie génétique… Un programme qui consistait à modifier l’ADN d’araignées pour que leur venin puisse conférer à l’homme ses capacités : ici l’auto guérison est le paramètre le plus recherché. Et la bonne idée réside dans le fait que l’ADN humain injecté dans les araignées est celui du père de Peter ce qui justifie parfaitement pourquoi Peter a muté en se faisant piquer. Après tout si la sécurité d’Oscorp est assez stupide pour laisser trainer une araignée mutante ultra dangereuse dans le bâtiment, l’araignée aurait pu piquer n’importe qui et on aurait pu se retrouver avec plusieurs hommes araignées. Mais si l’ADN est celui des Parker, c’est tout à fait logique que Peter soit le seul et unique Spiderman. J’ignore si cette clé est présente dans les comics mais c’est une idée géniale qui sert merveilleusement la cohérence de l’histoire : j’aime ! De plus, la raison pour laquelle le père de Peter décide de partir est parce qu’il est poursuivi par Oscorp. Une fois que Peter a compris qu’en s’attaquant à Oscorp il vengera également son père, là on obtiendra un nouvel angle d’attaque intéressant ! La vérité c’est qu’ils auraient dû renommer cette saga Peter Parker VS Oscorp.

Je parle beaucoup du scénario (peut-être parce que c’est là où il y a le plus de chose à dire) mais attaquons nous un peu à la forme qui n’a elle rien d’ultra original pour le genre. Les effets spéciaux sentent le numérique à plein nez et bien que bien faits et colorés on aurait pu s’attendre à quelque chose de moins clinquants. Particulièrement dans la scène dans le clocher où les rouages font faux ou sur les espèces de ralentis/zoom douteux censés nous faire comprendre plus en précision l’action de l’homme araignée. Les actions détaillées par ces zooms sont souvent légèrement superflue ce qui fait qu’on a plus l’impression de perdre notre temps et de casser la dynamique du film avec ces zooms. Mis à part celui fait au moment de la mort de Gwen qui, bien qu’assez cheap, renforce le côté dramatique et rend même le moment poétique. Un conseil pour la prochaine fois : les zooms à garder en cas d’extrême nécessité.
L’un des points forts du film est indubitablement la musique qui est très bien maniée tout au long du film (héritage de Marc Webb du temps de ses prodiges en vidéo clip ?). Particulièrement lors de la scène à Time Square où Electro apparaît en tant que tel pour la première fois : des sons électros puissants accompagnent toute la scène créant de la tension et une ambiance plus électrique. Puis le changement du personnage d’Electro est illustré en musique notamment lorsqu’il change d’opinion à propos de Spiderman. Si vous ne comprenez pas l’anglais vous l’avez peut-être loupé mais les paroles entendues en arrière-plan commencent par répeter « I’m dying » (« Je meurs ») accompagné de mots répétés tout le long de la scène en fond « Self-destroy » (self destruction), « Paranoid » (parano) répété de façon résidu tout le long de la scène ce qui fait référence aux doutes et aux inquiétudes du personnage sur ses nouveaux pouvoirs apparus suite à l’accident. Puis lorsque qu’Electro décide de prendre Spiderman comme cible au lieu de l’idolâtrer on entend des phrases comme « He hates on me » (Il me hait), « He lied to me » (Il m’a mentit), « They shot at me » (Ils m’ont tiré dessus) ou encore « He’s dead to me » (Il est mort pour moi). Toute la réflexion et tous les sentiments d’Electro sont donc faits en musique et je trouve ça assez exceptionnel. A la musique on retrouve des compositeurs de films assez classiques dans le genre comme Hanz Zimmer, mais plus surprenant Pharell Williams a composé presque l’intégralité de la bande originale.

The Amazing Spiderman a donc gagné son droit à succéder à la saga de Raimi et mérite qu’on limite la comparaison aux traitements des mêmes sujets. Andrew Garfield endosse merveilleusement bien le costume de Spiderman (bien mieux si vous voulez mon avis que Tobey Maguire dont le charisme d’huître faisait bien tâche), si on regrette tous James Franco en Harry Osborn le petit nouveau DeHaan se débrouille plus que bien dans le rôle et on ne fait qu’en redemander. Les scénaristes font des choix audacieux et assumés, et veulent ainsi se démarquer de la saga précédente que nous avons tous en tête pour faire une série de films à penser sur la continuité qui pourrait s’avérer très intéressant au final. Si le film peut passer pour un simple attrape-jeunes pour toutes les raisons que je n’ai cessé de rabâcher depuis le début de l’article (personnage, personnalités, thèmes et même musique adapté à une génération plutôt jeune), je pense aussi qu’il est tout d’abord temps de sortir des préjugés sur les films pour ados (qui n’ont aucune raison d’être plus mauvais que d’autres). Ensuite je pense qu’il faut le prendre comme un film d’inspiration de bandes dessinées et non pas le catégoriser dans une catégorie comme « film pour ados » ou « blockbuster ». On a encore du mal à savoir où la saga veut aller mais j’ai l’impression qu’elle n’a pas fini de nous surprendre. Si le film n’est pas encore un très grand art, il a eu le mérite de raviver fortement mon intérêt pour Spiderman qui était bien enterré avant même la fin des films de Raimi. Les prochains films nous diront ce que la saga va devenir et où elle va se positionner face à la précédente mais en attendant 2016, j’ai hâte !