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MEB et ses centres d'intérêts, ses passions, ses envies, ses coups de coeur... Mélomane, sériephile et cinéphile entrez dans le monde de cette fan warrior professionnelle

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1989 - Taylor Swift

 

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La critique d’aujourd’hui arrive un peu à la ramasse puisque vous avez déjà certainement entendu parler du succès de l’album, chanté un des singles entre potes, ou même le connaissez-vous peut-être déjà par cœur. Mais, je tenais tout de même à me plonger tôt ou tard dans les abysses de la pop épurée américaine avec Miss Taylor Swift.
Devenue chouchoute de l’Amérique puritaine dans les années 2000 en perçant avec sa musique country et innocente, la pauvre chanteuse alors agée d'à peine la vingtaine s’est retrouvée célèbre sur la scène internationale plus pour ses frasques amoureuses que pour sa musique. La majorité de ses tubes parlaient d’une rupture avec un petit ami alors que la presse people lui accordait des aventures avec au moins une bonne vingtaine de célébrités (Taylor Lautner le loup-garou de Twilight, un membre de One Direction, Jake Gyllenhal (ah oui quand même) ...). Et bien que des titres comme We Are Never Ever Getting Back Together ou I Know You Were Trouble ont connu un énorme succès, le public semblait sans cesse la ramener à son côté fleur bleue volatile et avait du mal à lui accorder une quelconque crédibilité. On se rappelle par exemple de ce moment où dans une de ces nombreuses cérémonies américaines après qu’elle ait remporté une récompense, Kanye West a décidé de la couper dans son discours pour lui dire qu’il ne pensait pas qu’elle le méritait et que Beyoncé aurait dû avoir l’award. Et à l’époque tout le monde s’était un peu foutu de sa gueule.
Mais la grande blonde a plus d’un tour dans son sac puisque l’année dernière elle décide d’envoyer chier le monde avec la sortie de 1989 (l’album dont il est question aujourd’hui donc) et de parodier l’image d’elle que se faisait le grand public. Un grand doigt d’honneur qui s’est très vite accompagné d’un succès dans les kiosques et d’un rapide gain de popularité. Je dois avouer que c’est le genre de retournement de situation qui fait remonter quelqu’un dans mon estime, et puisque je n’ai jamais caché mon attrait pour la pop pure il me parait donc tout naturel de me lancer dans l’écoute de mon premier album de Taylor Swift.
 
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Ce qu’il ne faut pas perdre de vue avec Taylor Swift, c’est qu’elle est avant tout une auteure-compositrice et que même si elle s’épanouie dans la pop « générique » elle reste une artiste à part entière (ce que beaucoup de gens semblent oublier). Avec cet album il semblerait qu’elle veuille montrer au public qu’elle a gagné en maturité et qu’il y a plus en elle qu’une simple américaine blanche et blonde type qui passe son temps à ressasser ses idylles terminées. L’album s’intitule 1989… comme son année de naissance (oui pourquoi pas elle a quand même donné son nom à son premier album on est plus à sa près). La pochette de l’album prend la forme d’une photo polaroid un peu vintage proposant donc un design assez simple mais plaisant. Treize chansons nous attendent avec six pistes supplémentaires sur la version Deluxe. Il est temps d’appuyer sur play.

L’album s’ouvre sur Welcome to New York, une chanson pop-électro qui se rapproche beaucoup de ce qui peut se faire maintenant (s’apparentant un peu à un tube de Charli XCX). Si le beat est simpliste, j’apprécie que l’électro soit bien dosée et j’aime beaucoup les arrangements. La ligne de synthé rajoute de la légèreté et même si les paroles sont constituées au moins à 60% du titre de la chanson on finit par se prendre au jeu. Une bonne manière de commencer l’album je dirais.
On attaque directement avec l’un des tubes de l’album : Blank Space. La chanson décrit le personnage que les médias ont fait d’elle : une espèce de névrosée folle à lier qui ne vit que pour détruire ses exs. Rien que pour le concept j’approuve. Teintée de R&B, la chanson se retrouve dans une ambiance plus calme qu’on aurait pu s’attendre. L’énergie du refrain est très bien équilibrée : à la fois il sonne mélancolique mais on perçoit presque le sarcasme et l’ironie dans la voix de Taylor. Si j’aime beaucoup ce qui est fait sur le refrain je trouve les couplets cependant un peu creux.
La suite de l’album continue sur la lancée pop-électro. Style ne manque pas d’être réussi et très sympathique. Out of the woods suit le même schéma en le poussant encore plus et j’aime beaucoup l’énergie planante qui s’en dégage. All You Had To Do Is Stay retourne sur quelque chose de plus pop sans apporter grand-chose qui s’oubliera assez vite.



Clip de Blank Space

Et nous voilà déjà au premier single de l’album qui nous avait dévoilé sa décision d’ironiser sur son image. Shake It Off est là pour nous dire tout simplement « Haters gonna hate, I’m just gonna shake » (Ce  que l’on peut traduire par : ceux qui veulent me détester le feront et je ne vais juste danser). La chanson se veut très pop légère sans trop d’ajout d’un fond électro. Ce qui me frappe toujours quand j’entends cette chanson c’est la légèreté et la bonne humeur qui s’en dégage (très bien rendus par le clip d’ailleurs). Le rajout d’instruments à vent bien que discret relève un peu l’instrumental et le distingue de ses prédécesseurs. Au final vous aurez certainement la chanson dans la tête pour le reste de la journée, on ne peut pas enlever l’énergie pop de ce morceau.
I Wish I Would réinstalle l’album dans son confort instrumental à mi-chemin entre la pop-rock et la pop-électro. C’est encore une fois une piste très sympathique. Wildest Dream commence très bien avec le refrain a-capella nous laissant imaginer le meilleur pour l’instrumentale… qui se trouve être un peu trop pauvre et légèrement décevante au final même si elle se réveille dans la deuxième moitié de la chanson. Je suis persuadée qu’ils auraient pu enrichir cette instrumentale mais la chanson reste super sympa.


Bad Blood est la première ballade de l’album dont composition est fine et simple et laisse échapper un côté fragile. C’est beau, simple et efficace, plus d’artiste devrait en prendre de la graine pour leurs ballades mid-tempo. How To Get The Girl nous ramène dans les travers plus pop-rock et rythmée de la palette musicale de la chanteuse. La chanson s’avère très sympa particulièrement sur l’envol du refrain. Et j’aurais dû me douter qu’on allait avoir droit à une ballade à la guitare acoustique, mais This Love le fait avec tant de délicatesse et de finesse que je ne peux qu’encore une fois saluer une belle ballade qui a le mérite de rester dans la simplicité.
I Know Places rentre dans une pop plus sombre et rythmée tout en gardant un pied dans la composition type de l’album. Le mélange est un peu bancal, pour le coup la chanson aurait dû choisir entre rester dans la ligne de composition générale ou aller à fond dans son côté pop-électro contemporain. Elle reste cependant sympathique à écouter. Nous voici déjà à la fin de l’album en forme standard qui se clôt avecClean qui reste assez timide dans ce qu’elle voudrait sortir. Peut-être pas la meilleure touche finale pour cette album.



Le clip super fun de Shake it off

Je poursuis tout de même sur les chansons bonus de la version deluxe (pour toi lecteur). Wonderland annonce la couleur devenant très vite la composition la plus audacieuse de tout l’album même si elle ne va pas totalement jusqu’au bout. On retrouve dansYou Are In Love le son R&B distillé ci et là dans l’album dans son côté le plus calme. La chanson bien que plaisante, ne casse pas des briques. Quant à la dernière chanson originale de l’album, New Romantics, est une bonne nouvelle expérience pop-électro histoire de finir sur une note sympathique.
Les trois autres pistes de la version deluxe sont des enregistrements vocaux où Taylor parle des chansons I Know Places, I Wish You Would et Blank Space accompagnés de démos. Je n’ai donc rien à critiquer de ce côté-là.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté un album entier de pop américaine, je ne sais pas vraiment ce que j’attendais. L’album est indéniablement bon, cohérent et homogène. Aucune chanson superflue totalement ratée, toutes les chansons sont bonnes et réussies. J’ai beaucoup aimé plonger dans cette pop légère où l’électro a un rôle réduit (ah oui on en entend beaucoup trop à mon goût). Un mélange entre pop électro moderne et pop-rock simples très réussi qui donne tantôt des chansons pêchues qui mettent de bonne humeur tantôt des ballades que j’ai trouvées incroyablement fines. Si je devais faire un reproche à l’album, bah c’est son côté lisse et simpliste. Les compositions utilisent toutes les mêmes sons mais ont du mal à se démarquer les unes des autres. Elles sont toutes enfermées dans le schéma intro intrigante/couplet vaguement rythmé/refrain plus puissant/pont calme/refrain plus intense avec rajout de « whooah » derrière. Je pense que l’album aurait pu oser se démarquer des standards pour proposer quelque chose de plus frais et mémorable. Mais je reste assez surprise par l’album qui ne ressemble pas à l’idée que je pourrais m’être faite d’un album de Taylor Swift. J’aurais vu quelque chose de plus mielleux avec une guitare acoustique déclinée à toutes les sauces. Au final j’ai eu un bon album pop que je réécouterai certainement avec bonne volonté. Si la chanteuse à succès continue sur sa lancée, elle mérite d’être surveillée de près.

Je conseille :Out of the Woods, Shake it Off, Wildest Dream, Bad Blood, Wonderland
Je déconseille: parce qu’il fallait bien choisir un maillon faible All You Had To Do Is Stay

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