En tant que sérievore, je m’attèle souvent à cette tâche difficile qu’est de sélectionner des séries à tester que je pourrais aimer. C’est pour cela que si souvent je me plonge dans les magazines de séries en recherche de quoi me mettre sous la dent. Et quoi de plus idéel pour commencer une série que de la suivre depuis ses débuts ? Rares sont les speech qui vous accrochent dès leur première lecture, difficile de savoir ce que vaut une série lorsqu’elle n’a pas encore eu la chance d’acquérir une réputation. Au final c'est comme se jeter à l’eau les yeux bandés mais cela réserve parfois de belles surprises et parfois même les meilleures.
Temps de faire un point sur le cru 2013/2014 ? Pas vraiment puisque l’année télévisuelle n’est pas tout à fait complète mais on peut toujours voir où en sont les nouvelles séries qui se sont lancées dans la bataille depuis la rentrée et jusque-là autant dire qu’il n’y a pas eu vraiment de casse. Au début de l’année j’avais piochée dans la liste des nouvelles séries en visant essentiellement deux séries appartenant à mon genre favori, science fiction/fantastique, j’ai nommé Sleepy Hollow et Agent of SHIELD de Marvel :

Sleepy Hollow, redécouverte contemporaine de la célèbre nouvelle de Washington Irving notamment connue grâce au film de Tim Burton, s’annonçait très prometteuse. Ichabod Crane, espion anglais pour George Washington durant la guerre d’indépendance, se réveille malencontreusement au XXIe siècle dans la petite ville de Sleepy Hollow. Son arrivée déclenche une ribambelle d’évènements surnaturels et plus particulièrement l’activité d’un cavalier sans tête. Crane trouve cependant du soutien auprès d’Abbie Mills, une jeune policière, qui décide de le croire lui et son histoire abracadabrante selon laquelle sa femme sorcière l’aurait endormi au XVIIIe siècle pour le sauver.
On accroche très vite à la série ne serait-ce pour l’ambiance noire réussie et pour le pauvre Crane qui se retrouve confronter à une époque totalement nouvelle. Au fil des épisodes, l’intrigue s’étoffe et le show se réduit à une série fantastique assez basique sur le modèle un monstre/un épisode mais en y incorporant un traitement différent, des créatures appartenant plus au domaine mythologique. De plus les scénaristes ont su dévier le piège évidant de faire tomber Abbie et Crane amoureux. Et leur relation, purement amicale, prend une dimension qu’on voit moins sur nos écrans et qui est très attachante. Mais malgré l’affection qu’on porte très vite aux personnages, je me suis lassée et je n’ai pas repris depuis la mi-saison. Pourquoi ? Eh bien je trouve que l’histoire s’emballe trop rapidement et que l’intrigue principale manque de finesse. Ainsi dès le premier épisode on nous balance une histoire d’apocalypse dans la tronche, au 5e on nous dit qu’Abbie et Crane sont les élus et qu’ils étaient faits pour se rencontrer… Difficile de voir où la série voulait aller et on brusque le spectateur : rien de très bon. Maintenant que la saison (comportant uniquement 13 épisodes) est finie il se pourrait que je la termine d’ici à ce que la saison 2 soi diffusée. Car la série a connu le meilleur démarrage de la rentrée avec des audiences tournant autour de 7 millions de téléspectateurs. A suivre donc…

Agent of SHIELD était l’opportunité de Marvel de défier DC Comics sur le petit écran où cette dernière a depuis longtemps triomphée (avec Smallville ou Arrow aujourd’hui). Pour poursuivre dans leur grand arc de narration autour des Avengers, ils décident de se concentrer sur les activités du SHIELD : cette organisation qui est chargée de la sécurité du territoire. On retrouve en tête d’affiche Phil Coulson, qui était censé être mort dans le film d’Avenger, et son équipe près à jouer les agents secrets avec le grand Joss Whedon (Buffy contre les vampires, Firefly, Avengers) en scénariste.
Rien de plus prometteur et de plus attendu donc pour tout fan de près ou de loin de Marvel. Mais voilà que ce soit pour moi ou pour la majorité du public la sauce n’a pas pris. Pourquoi ? Simple : il n’y a rien d’innovateur, tout semble déjà vu et surfait, la série ressemble dès son pilot à une parodie d’elle-même. Si on a tous aimé le personnage de Coulson dans les films, il faut avouer qu’il n’est pas assez intéressant ni extravagant pour tenir de rôle de personnage principal et le charisme de l’acteur se fait très vite balayé. Quant à sa nouvelle équipe je dirais que tout est à jeter ou refaire : le stéréotype de l’agent macho et tête-brulée confronté à une nouvelle agente avec un passé douteux et un caractère audacieux. On y ajoute la vétérante bad-ass et le couple de petits scientifiques maladroits mais ingénieux. Le tout étant bien sur jeune, beau et lisse… Voilà on n’est pas très loin de la dynamique des séries à la NCIS. Après les enquêtes sont pas si mal mais leur traitement est très classique et les effets spéciaux sont bien sur pas aussi spectaculaire qu’au cinéma ce qui enlève du charme au monde Marvel. Malgré plusieurs apparitions de personnages des films, j’ai lâché au bout du 3e épisode puisque je ne voyais presque aucun intérêt à la série mis à part peut-être le statelite médiocre de la suite de films Avengers. La série est légèrement sur la sellette aux Etats-Unis avec ses audiences relativement basses et elle est prochainement prévue sur M6 (ce qui confirme encore une fois les choix douteux et si peu originaux en matière de programmation de série sur la chaîne).

Y aurait-il une série née cette année dont je ne suis pas encore lassée ? Oui, j’ai succombé aux charmes d’une série romantique plutôt classique : Reign. Basée plus ou moins sur des faits historiques la série raconte l’histoire de Mary Stuart, reine d’Ecosse, qui s’est réfugiée en France pour sa sécurité et qui a été fiancée au Dauphin de France François II depuis son enfance. A l’âge mur, elle quitte le couvent où elle a passé le plus clair de son temps pour aller s’installer à la cour et organiser son mariage. Elle découvre alors le monde tordu qu’est la cour du roi Henri et de son épouse vicieuse Catherine de Médicis.
Loin de s’ancrer dans l’ère où les séries historiques ne font ressortir que le sexe et la violence, Reign a la fraîcheur de se présenter comme une comédie romantique pour jeune adulte. Si la première approche n’est pas très concluante en raison des pauvres jeux d’acteurs du scénario encore assez léger et des décors très approximatifs, on arrive à apprécier la série à sa valeur et avec ses faibles prétentions. L’Histoire ne sert ici de cadre pour les grandes lignes, les robes des dames sont plus dignes d’un défilé de mode d’aujourd’hui que du XVIe. On se concentre plus sur les intrigues amoureuses et les complots que sur des plans très politiques. Une part est même accordée au surnaturel avec la présence de Nostradamus à la cour… La série trouve très vite un équilibre sympathique et on excusera les scènes de niaiserie devant l’alchimie des couples. Cependant, bien que les 10 premiers épisodes s’enchaînent avec facilités, les derniers épisodes en date laissent à désirer devant le vagabondage scénaristique dans toutes les situations d’un triangle amoureux possible et l’oubli de quelques storylines pour lesquelles on s’était plutôt passionnés. La série vaut le détour pour mes amis les fleurs bleues mais si les comédies romantiques ne sont pas vos tasses de thé passez votre chemin.

Incorrigible, l’autre série que j’ai pu tester est encore de la science-fiction. Mais on ne pourra pas me reprocher d’avoir jeté un coup d’œil à la dernière production de JJ Abrams (Lost, Fringe, les derniers Star Trek, le prochain Star Wars) : Almost Human. Dans un monde où les robots cohabiteraient avec les humains, John Kennex est un policier sortant du coma qui vient de perdre son coéquipier et sa jambe. A son retour il doit faire équipe avec Dorian, un androïde dont le modèle a été retiré du marché à cause de quelques défaillances.
Je dois dire que je n’ai pas vraiment suivi sérieusement depuis le premier épisode, non j’ai juste regardé quelques épisodes avec la famille vu qu’il y en a qui suivent. Comment pourrais-je parler d’une série lorsqu’on n’a pas vu le pilot : voyons voir ce que je peux faire. La série prend le format d’une série policière classique à l’exception près qu’ils vivent en 2048. Pour le peu que j’ai vu le mélange est très efficace car ils ont su prendre le meilleur de leur monde futuriste pour dynamiser le format d’une série policière. Les personnages sont attachants et sympathiques et les enquêtes mettent en valeur le côté science-fiction, le tout une ambiance plus sombre que les série policière habituelle. On ne boudera pas non plus une série avec Karl Urban (Seigneur des Anneaux, Star Trek) en tête d’affiche pour qui j’ai un faible. Bref la série rempli à merveille le contrat de divertissement et est bien cadrée pour une consommation ‘traditionnelle’ des séries (on regarde de temps en temps sans s’investir au point de regarder tous les épisodes). Si vous voulez mon avis voilà un bon appât pour les chaînes françaises qui correspondrait bien aux habitudes des français non-sérievores. Je compte cependant aller voir de plus près voire recommencer depuis le début puisque je pense qu’elle a un bon potentiel… Reste à voir ce que ça donne sur la saison entière. Aux Etats-Unis la série a plus reçu un bon accueil on peut lui souhaiter donc une seconde saison.

Tant qu’on est encore dans les séries de JJ Abrams, la plus attendue vient tout juste de débuter et je viens tout juste de visionner le pilot : Believe créé par l’oscarisé Alfonso Cuaron (Gravity, Harry Potter 3). Bo est une petite fille qui possède d’étranges pouvoirs depuis sa naissance et a donc suscité de l’intérêt aussi bien chez ceux qui voudraient l’exploiter que ceux qui veulent la protéger. Elle passe de foyer en foyer jusqu’à ce qu’un jour une tueuse engagée par Skouras, un puissant homme d’affaire, tue sa famille d’accueil pour s’emparer de Bo. D’anciens associés de Skouras qui essaient de la protéger choisissent comme nouvelle famille un homme condamné à mort : Tate. Après l’avoir libérer celui-ci se retrouve obligé de s’occuper d’une petite fille télépathe très têtue et ce pendant plusieurs années. Lorsque celui-ci leur demande pourquoi l’ont-ils choisit ils répondent énigmatiquement qu’ils croient en lui cachant peut-être une raison plus concrète...
Le pilot très prometteur répond aux attentes qu’on avait sur une série auquel s’intéresse ces grands cinéastes que sont JJ Abrams et Alfonso Cuaron. Si on peine à voir ce que peut donner la série sur la durée, le pilot nous promet du grand spectacle. Même si les codes scénaristiques restent jusque-là assez classiques, ce premier épisode nous réserve plusieurs surprises et arrive à piquer notre curiosité. Le personnage de Tate est très rapidement assez attachant et sa dynamique avec la jeune actrice (qui est vraiment douée pour son âge) marche bien. Le casting est essentiellement constitué d’acteurs peu célèbres puisque le plus connu est Kyle McLachlan (Dune, Blue Velvet, Desperate Housewives) dans le rôle de Skouras et les fans de Once Upon a Time reconnaîtrons leur Mulan avec Jamie Chung. Le tout annonce un bon potentiel mais on voit aussi les pièges dans lesquels la série pourrait tomber : une gamine trop agaçante, un scénario répétitif… Il leur faudra donc avancer avec prudence et surtout savoir s’arrêter au bon moment (aka quand le concept sera à bout de souffle) car la série pourra soi étirer nos espoirs jusqu’à ce qu’on accepte que la série est décevante et qu’on arrête, soi être très bien menée au moins sur les premières saisons. A suivre…